19.12.2009

Décembre au jardin

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Nuit de neige


La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.


Guy de MAUPASSANT

 

 

23.11.2009

Novembre au jardin

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CIEL BROUILLE

 

 

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton œil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.
   
Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les cœurs ensorcelés
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.
   

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867)

Les fleurs du mal

24.10.2009

Octobre au jardin

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Automne en forêt

Un écureuil sur la bruyère
Se lave avec de la lumière

Une feuille morte descend
Doucement portée par le vent

Et le vent balance la feuille
Juste au-dessus de l'écureuil

Le vent attend pour la poseroct09 002.jpg
Légèrement sur la bruyère

Que l'écureuil soit remonté
Sur le chêne de la clairière

Où il aime se balancer
Comme une feuille de lumière.

Maurice Carême

 

 

 

Amis lecteurs, je vous offre ce retour vers l'enfance, au temps des poésies lentement récitées et très vite oubliées.

11.10.2009

Jardin Agapanthe

agapanthe.jpgLe jardin Agapanthe se trouve en Haute-Normandie. Situé au coeur du village de Grigneuseville, ce jardin original est la création d’Alexandre Thomas, architecte-paysagiste.

Loin des lignes géométriques pures des jardins à la française, Agapanthe présente un espace original, où la luxuriance de la végétation fascine tous les sens.

Commencé il y a quinze ans, ce jardin accueillant dans l’esprit des jardins anglais, se compose de scènes aux ambiances variées: bassins, pergola, terrasses, fontaine...

 

Agapanthe possède une pépinière. On y trouve les plantes qu'Alexandre Thomas affectionne particulièrement.

 

Dépêchez-vous ! C’est la saison pour planter la plante dont vous rêvez…

 

Pour en savoir plus : http://www.jardins-agapanthe.fr

20.09.2009

Septembre au jardin

IMG_0551.jpgSeptembre

Septembre ! Septembre !
Cueilleur de fruits, teilleur de chanvre,
Aux clairs matins, aux soirs de sang,
Tu m'apparais
Debout et beau,
Sur l'or des feuilles de la forêt,
Au bord de l'eau.
En ta robe de brume et de soie,
Avec ta chevelure qui rougeoie
D'or, de cuivre, de sang et d'ambre
Septembre !
Avec l'outre de peau obèse,
Qui charge tes épaules et pèse,
Et suinte à ses coutures vermeilles
Où viennent bourdonner les dernières abeilles !
Septembre !
Le vin nouveau fermente et mousse de la tonne
Aux cruches ;
La cave embaume, le grenier ploie ;
La gerbe de l'été cède au cep de l'automne,
La meule luit des olives qu'elle broie.
Toi, Seigneur des pressoirs, des meules et des ruches,
O Septembre ! chanté de toutes les fontaines,
Ecoute la voix du poème.
Le soir est froid,
L'ombre s'allonge de la forêt
Et le soleil descend derrière les grands chênes.

Henri de REGNIER

 

Henri-François-Joseph de Régnier, né à Honfleur (Calvados) - 28 décembre 1864 / 23 mai 1936 - est un écrivain, romancier et poète français proche du symbolisme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_de_R%C3%A9gnier

 

15.08.2009

Août au jardin

IMG_0527.jpg La nuit d’Août

 

LA MUSE

 

Depuis que le soleil, dans l'horizon immense,

A franchi le Cancer sur son axe enflammé,

Le bonheur m'a quittée, et j'attends en silence

L'heure où m'appellera mon ami bien-aimé.

Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ;

Des beaux jours d'autrefois rien n'y semble vivant.

Seule, je viens encor, de mon voile couverte,

Poser mon front brûlant sur sa porte entr'ouverte,

Comme une veuve en pleurs au tombeau d'un enfant.

 

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Pourquoi, coeur altéré, coeur lassé d'espérance,

T'enfuis-tu si souvent pour revenir si tard ?

Que t'en vas-tu chercher, sinon quelque hasard ?

Et que rapportes-tu, sinon quelque souffrance ?

Que fais-tu loin de moi, quand j'attends jusqu'au jour ?

Tu suis un pâle éclair dans une nuit profonde.

Il ne te restera de tes plaisirs du monde

Qu'un impuissant mépris pour notre honnête amour.

Ton cabinet d'étude est vide quand j'arrive ;

Tandis qu'à ce balcon, inquiète et pensive,

Je regarde en rêvant les murs de ton jardin,

Tu te livres dans l'ombre à ton mauvais destin.

Quelque fière beauté te retient dans sa chaîne,

Et tu laisses mourir cette pauvre verveine

Dont les derniers rameaux, en des temps plus heureux,

Devaient être arrosés des larmes de tes yeux.

Cette triste verdure est mon vivant symbole ;

Ami, de ton oubli nous mourrons toutes deux,

Et son parfum léger, comme l'oiseau qui vole,

Avec mon souvenir s'enfuira dans les cieux.

 

Alfred de MUSSET   (1810-1857)

 

 

25.07.2009

L'eupatoire

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Les eupatoires sont des plantes herbacées vivaces appartenant à la famille des astéracées, dont l'espèce la plus répandue en France et dans toute l'Europe occidentale est Eupatorium cannabinum. Cette plante est également appelée chanvrine ou Herbe de Sainte Cunégonde.

Elle peut dépasser 1 mètre de haut. Ses feuilles, opposées, dentées, sont poilues, de forme variable et rougeâtres.  La tige, dressée, est anguleuse, velue, ramifiée vers le sommet et souvent teintée de rouge. L'inflorescence est un grand corymbe de capitules roses portant des fleurs toutes tubulées à lobes blanchâtres à rosâtres. Les fruits sont des akènes surmontés d'une aigrette blanche et soyeuse. Cette plante est toxique : elle contient un alcaloïde. On peut extraire de la plante un colorant jaune utilisé en teinture.

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On la trouve aux bords des ruisseaux, fossés, prairies et bois.

Selon une croyance populaire normande, les cerfs blessés utiliseraient cette plante pour se soigner.

Installez une eupatoire dans votre jardin de vivaces !

Vous aurez ainsi la visite des papillons et la joie de profiter d’une magnifique plante fleurie en juillet et août.

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15.07.2009

Graines à donner

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Amis lecteurs, il me reste des graines à donner.

 

Si vous en souhaitez, laissez-moi un message sur le courriel planetenormande@laposte.net avec vos coordonnées.

 

Liste des graines encore disponibles :

 

  • Aconit
  • Ancolie
  • Astrante
  • Campanule
  • Digitale
  • Hellébores blanches, roses, noires
  • Lychnis coronaria
  • Pavot

08.07.2009

Juillet au jardin

IMG_0429.jpgAmis lecteurs, je vous offre une promenade dans mon jardin...

Et la découverte d'une servante-poète normande.

« J’ai vécu bien longtemps pauvre, mais sans orgueil,
Dans un humble réduit dont je chéris le seuil ;
Hélas ! je dus un jour quitter ma solitude.
Il me fallait du pain !.... la dure servitude
M’en offrait, j’acceptai : mais Dieu, qu’il est amer !
Il faut, pour l’obtenir, traîner un joug de fer….
Et, quand mon coeur blessé pousse un cri de détresse
Que j’élève la voix dans un chant de tristesse,
On se parle tout bas ; on commente et l’on dit :
Elle est folle, orgueilleuse et veut jouer l’esprit
! »

 

 

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« Quand on vous le dira, répondez : je l’ai vue !
Son désir est de vivre ignorée, inconnue ;
C’est une fantaisie étrange du destin,
D’avoir près d’un fuseau, mis un luth dans sa main,
Quand, d’en tirer des sons la douleur l’eût forcée
L’on a crié tout haut qu’elle était insensée ;
Non ; elle est malheureuse et son chant, comme un pleur
Monte, avec un sanglot, des plis cachés du coeur ;
Nul ne connaît son mal et nul ne la console ;
Elle est bien triste, hélas ! mais elle n’est pas folle
!
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Rose Harel,
la Servante-Poète Normande
1826-1885

 

Pour en savoir plus : http://www.bmlisieux.com/normandie/rbazin01.htm

28.06.2009

La joubarbe

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La joubarbe à toile d’araignée est une belle fleur rose poussant sur les roches d’altitude. Elle doit son nom aux fils blancs situés sur ses rosettes de feuilles. Ces fils assurent une fonction de rétention d’eau pour les besoins de la plante.

Dans l'antiquité, une superstition donnait à la joubarbe le pouvoir d'éloigner la foudre. On plantait de ce fait de la joubarbe sur les toits et nombres d'églises et de cathédrales gothiques sont ornées de fleurs de joubarbe en pierre. En Normandie, on trouve les joubarbes sur les toits de chaume en compagnie des iris. joubarbe 004.jpg

Les feuilles de joubarbe servait aussi au Moyen Age comme émollient sur les blessures. Elles étaient cultivées comme plante médicinale.

Une tradition perdure dans le pays de Caux : offrir un pot de joubarbe lors de la pendaison de crémaillère pour porter bonheur…

 

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